Mode éthique et responsable

[Echange #6] Marine et Rebecca, fondatrices de Wess

8 mars 2018
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Mercredi 7 mars, j’ai pu rencontrer les deux fondatrices de Wess, ma capsule éthique dans l’incubateur où elles travaillent. On a parlé de leur marque, de la façon dont elles trouvent des vêtements, de garde-robe capsule (évidemment !) mais aussi de beaucoup d’autres choses. J’ai beaucoup aimé échanger avec elles, et découvrir les nouvelles pièces en exclusivité. Vous verrez, ça va être super beau ! Sans plus attendre, place à l’interview.

E : Comment avez-vous fondé votre marque ?

Marine : On habitait toutes les 2 à Londres, où on s'est connues. On était d'abord amies avant d'être associées ! Et on est parties d'un même constat : il est très difficile de trouver des marques de mode éthique, qui respectent des critères rigoureux et ne soient pas hors de prix. On a voulu revendre et mettre à l'honneur celles qui le faisaient. Pour cela, on a défini 4 critères : le premier, le respect de l'humain, donc un salaire décent tout au long de la chaîne de production, des congés, le droit de se syndiquer, des bonnes conditions de travail... Ensuite, le respect de l'animal, donc aucun produit ne contient de manière animale.
Rebecca : Les collections sont "capsules", c'est à dire qu’on vend un nombre limité de pièce, parce que la mode éthique c'est aussi la consommation raisonnée. Pour cela, on privilégie au maximum les pièces versatiles, qui peuvent se retourner et être utilisées fréquemment. Et enfin, un critère environnemental, avec des matières respectueuses, que ce soit le coton bio, le tencel, les matières recyclées...

E : Comment avez-vous trouvé les marques ?

M : On a passé beaucoup de temps sur internet, dans les pages 10,20,100…
Ca a pris beaucoup de temps, à cause de notre nombre de critères. À chaque fois, on demande des précisions sur l'origine du tissu, sa fabrication, son tissage, la composition du vêtement... On vérifie que notre chartre est respectée à chaque étape.
R : On veut choisir des pièces qui ont du caractère, pas de simples basiques ennuyeux. Ensuite, on reçoit le vêtement pour faire le shooting et parfois, c'est à la réception qu'on se rend compte qu'il ne convient pas.
M : Depuis quelque temps, les marques elles-mêmes nous contactent. A l'Ethical Fashion Show de Berlin, on en a aussi découvert énormément pour les futures collections. Maintenant, on est confrontées au problème inverse : on va devoir dire non à des marques qu'on adore, parce que par essence nos collections sont petites.

E : Comment vous répartissez-vous les rôles ?

R : J’ai travaillé dans la mode, dans une petite entreprise éthique à Paris. Puis je suis partie à Londres où j’ai travaillé pour Amazon Fashion – je peux dire que leur fabrication n’est pas du tout éthique ! Par contre, j’ai énormément appris. Aujourd’hui, je suis responsable de toute la partie « mode » : trouver les marques, trouver et sélectionner les modèles, faire les board d’inspiration pour les shootings, m’intéresser aux matières…
M : je suis plutôt sur toute la partie « business » et communication.

E : Comment marchent vos collections ?

R : On a 4 sorties par an, une pour chaque saison. À chaque fois, on choisit une dizaine de pièce qu'on shoote, pour faire un lookbook capsule et un spécifique pour chaque pièce (E : j'ai pu voir les photos pour la collection capsule et c'est franchement bluffant !). Au niveau des quantités, on fonctionne par stock en commandant selon des critères : on a remarqué que les pantalons se vendaient moins bien que les hauts, par exemple. Notre but est vraiment de montrer que chaque pièce peut être portée de beaucoup de façons différentes.

E : Quels conseils donnez-vous pour créer sa propre garde-robe capsule ?

R : D'abord, je conseille de définir ce qu'on porte le plus souvent : est-ce qu'on a besoin de vêtements particuliers pour aller au travail, est-ce qu'on est dans un pays où il fait plutôt froid, est-ce qu'on sort beaucoup faire la fête... Ça va déjà déterminer s'il faut garder des basiques ou des pièces un peu plus chics. Ensuite, enlever d'office tous les vêtements qu'on garde "au cas où". Après, je conseille de faire un board Pinterest pour savoir quel style nous plaît. Ça aide à savoir ce qu'on aime porter et qu'on garde. Il ne faut surtout pas tout jeter pour recommencer mais garder ses anciennes pièces qui conviennent. S'il faut en racheter d'autres, je conseille vivement la qualité : vu qu'on les porte plus souvent, elles vont s'abîmer plus rapidement. Enfin, on n'hésite pas à se faire un tableau avec tous les vêtements et les associations qu'on peut faire entre eux. Et voilà !
M : Petite précision : normalement on ne compte pas les chaussures et les sacs dans la garde robe.


La force de la marque : proposer plusieurs tenues avec la même pièce pour montrer qu’elle peut être réutilisée

E : Qu'est-ce que le board Wess ?

M : On veut avoir une entreprise communautaire : on aime avoir l'avis de nos consommatrices à chaque étape. Pour la création d'un nouveau produit, tout se fera via les réseaux sociaux comme on l'a déjà commencé (#teammarinière). Par contre, on souhaite impliquer un petit groupe de femmes dans notre stratégie, d'où la création d'un board. Environ une fois par trimestre, on va dire où on en est, où on veut aller et on va demander des avis. Un bon moyen de grandir ensemble !

E : Pourquoi vouloir créer un vêtement ?

R : On s'est assez rapidement rendu compte que certaines pièces manquaient parmi les marques qu'on connaît. C'est le cas de la marinière, du blazer, de la salopette, et de pas mal d'autres ! On a donc voulu créer, par touches, notre modèle qui complèterait la capsule éthique parfaite. D'après les votes (qui nous ont bien amusés !), la marinière a gagné. Du coup, c'est parti ! On a à coeur de faire participer nos consommatrices à chaque étape de la création.
M : Pour l'atelier de fabrication, on pense aller en Inde ou au Népal. Pour nous, le made in France n'est pas nécessaire parce que le plus important, c'est que les conditions de travail soient respectées. Si on boycotte le Bangladesh, ça va laisser des milliers de personnes sans travail, alors qu’on peut très bien réaliser là-bas des vêtements éthiques.


Merci beaucoup Marine et Rebecca pour votre temps et votre accueil ! N'hésitez pas à aller sur leur site Wess, ma capsule éthique et les suivre sur les réseaux sociaux. J’espère que cet article vous a plu, n’hésitez pas à dire ce que vous en pensez dans les commentaires !

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