Mode éthique et responsable

[Echange #9] Anne-Séverine, fondatrice de Kipluzet

3 août 2018
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Kipluzet est une marque éthique de vêtements en lin, lancée par Anne-Séverine. J'étais curieuse d'en savoir plus sur cette matière et cette filière, 100% européenne, mais qu'on voit peu dans les magasins. On a parlé entreprenariat, filière du lin, relation avec les fournisseurs, et bien plus encore. J'espère que ça va vous plaire !

Ethizedo : Comment as-tu lancé ta boîte ?

A.S : Dès le début, je voulais créer des vêtements écologiques sur toute leur chaîne de fabrication. Pour la matière, j'avais pensé au chanvre, mais il est quasiment impossible d'avoir une traçabilité totale, notamment sur la filature et le tissage. Je me suis donc tournée vers le lin. Son gros avantage est qu'il est local et surtout que toute sa transformation est traçable.
Une fois la chaîne de fabrication trouvé et les modèles confectionnés, j'ai démarré doucement pour me roder sur tous les nouveaux métiers qu'impolie un essor, la logistique, etc... Puis j'ai fait la communication, via les influenceuses impliquées dans la mode éthique (Happy new green, éloge de la curiosité, Julia Drouet) et également en adhérant à SlowWeAre, la plateforme de référencement de la mode éthique. Je fais aussi pas mal d'évènements autour de l'éthique.

Ethizedo : Connaissais-tu la filière lin avant ?

A.S : Pas du tout ! J'ai commencé par aller voir directement les agriculteurs, qui m'ont réorienté vers la confédération européenne du lin et du chanvre, regroupant les acteurs de la filière lin. Elle m'a aidé à trouver les partenaires répondant à mes exigences. La filière du lin est très soudée.

Ethizedo : Peux-tu me décrire le voyage du brin de lin au tshirt ?

A.S : Le lin pousse principalement en Europe et la France est le premier producteur mondial ! Celui que j'utilise est composé à 85% de lin français et 15% de lin belge. Très souvent, il est ensuite traité en Chine. Il n'y a plus de filature en France depuis un bon moment. La fibre que j'utilise est filée et tricotée en Pologne, puis envoyée au Portugal pour la confection.
Ainsi, il est possible d'avoir un circuit 100% européen de la graine de lin à la confection. C'est vraiment un critère important dans ma démarche.

Ethizedo : Que penses-tu du lin bio ?

A.S : Il faut savoir que le lin dans sa culture n’a besoin que de très peu d’entrants (mot technique qui regroupent les produits ajoutés pour la culture tels que les engrais et les produits phytosanitaires). Le lin bio existe en France mais la production est encore faible pour garantir une homogénéité du fil et donc de la maille. Le lin est une culture dite rotative, c’est-à-dire qu’elle doit changer de sol tous les ans pour ne revenir sur le même qu’au bout de 6 ans. Les agriculteurs doivent donc avoir toutes leurs cultures bio, pas seulement le lin, mais aussi le blé, la luzerne … Le lin bio sera de plus en plus présent avec la progression de l’agriculture bio en générale.

Ethizedo : Comment se fait-il que ton lin ne se froisse pas ?

A.S : En fait ce n’est pas spécifiquement mon lin qui ne se froisse pas, mais le lin « tricoté », c’est-à-dire la maille de lin. Tout dépend de si il est tissé ou tricoté, comme le coton. Par exemple, la chemise en coton qui est tissé se froisse et le t-shirt en coton qui est tricoté ne se froisse pas ou quasi pas. Il en est de même pour le lin. Il peut être utilisé de différentes façons que nous ne sommes pas habitués à voir et j'aimerais d’ailleurs tester d'autres tricotages dans mes futures modèles. A venir...

Merci beaucoup Anne-Séverine pour le temps que tu m’as consacré ! J’espère que ça vous a plu et n’hésitez pas à aller voir son site et ses hauts en lin , dont vous pouvez même choisir la longueur !

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